La marchandise valait près d’un milliard de FCFA. Les documents qui devaient permettre au client de la retirer étaient introuvables. Et, derrière les recherches qui n’en finissaient plus, une menace se précisait : nous pouvions perdre notre emploi.
À l’époque, je travaillais au back-office d’une banque. Je m’occupais notamment des opérations internationales : crédits documentaires, remises documentaires et transferts internationaux. Un travail dans lequel chaque pièce avait son importance.
Un jour, nous avons reçu les documents relatifs à une importante opération d’importation. Notre client en avait besoin pour procéder au dédouanement et à l’enlèvement de sa marchandise.
Mais au moment de les retrouver… plus rien.
Entre mon collègue et moi, personne ne parvenait à expliquer leur disparition. Nous avons repris le circuit des documents, multiplié les vérifications, recommencé les recherches. Nous cherchions une erreur de classement, un déplacement oublié, n’importe quelle explication qui nous permettrait de remettre la main dessus.
Sans résultat.
Pendant ce temps, la pression montait. Sans ces documents, le client ne pouvait pas retirer sa marchandise. Chaque jour supplémentaire pouvait entraîner des frais, notamment des surestaries. Au-delà des conséquences financières pour lui, notre responsabilité professionnelle était engagée.
On nous a alors clairement fait comprendre que, si les documents n’étaient pas retrouvés, quelqu’un risquait de perdre son emploi.
Mon collègue était intérimaire. Il semblait déjà résigné : il n’avait même pas de contrat permanent avec la banque. À ses yeux, son sort paraissait presque scellé.
Nous avons pourtant continué à chercher. La situation était devenue si préoccupante qu’on nous a même demandé de revenir un dimanche pour poursuivre les recherches.
« Christian, puisque tu dis toujours que tu sers ton Dieu, c’est ici qu’on va voir si ton Dieu est vraiment réel. S’Il te sort de cette situation, nous aussi, on va commencer à Le suivre. »
Une collègue de ChristianCette phrase a arrêté mon attention.
Jusque-là, je pensais aux documents, au client, aux conséquences, à mon emploi. Mais voilà que, dans cette affaire, quelqu’un venait de mettre en question la réalité du Dieu que je servais.
Pour moi, le problème prenait une autre dimension.
« Seigneur, voilà une occasion de glorifier le nom de Jésus. »
Je ne savais pas comment Il allait intervenir. Peut-être retrouverions-nous les documents dans un endroit inattendu. Peut-être quelqu’un se souviendrait-il enfin de les avoir déplacés.
Dans mon esprit, l’issue passait forcément par là : il fallait que ces documents réapparaissent.
Mais ils restaient introuvables.
Puis nous avons appris une nouvelle.
Le client avait réussi à retirer sa marchandise.Alors que nous cherchions encore les documents indispensables à son enlèvement.
Comment avait-il fait ?
La réponse allait changer la lecture du dossier.
Il était apparu que le client avait utilisé d'autres documents pour procéder à l’enlèvement de sa marchandise.
Jusque-là, toute l’attention portait sur la disparition des documents et sur les conséquences que cette perte pouvait entraîner pour la banque. Désormais, une autre question se posait : comment le client avait-il pu produire de faux documents bancaires pour retirer sa marchandise ?
La perte des documents restait un problème. Mais elle n’était plus le seul élément de l’affaire. Le dossier venait de prendre une tout autre dimension, et le rapport de force avait changé.
Quant à moi, j’ai conservé mon emploi.
Nous n’avons jamais retrouvé les documents. Pourtant, l’issue que je redoutais ne s’est pas produite.
C’est cela qui m’a profondément marqué.
J’avais imaginé une seule manière de sortir de cette situation : retrouver ce qui avait disparu. Je cherchais une réponse précise, presque un scénario que Dieu n’aurait plus eu qu’à suivre.
Mais la réponse n’a pas pris la forme que j’attendais.
Dans ce retournement inattendu, j’ai reconnu Son intervention. Dieu m’avait ouvert une issue là où, humainement, je n’en voyais plus.
« C’est ici qu’on va voir si ton Dieu est vraiment réel. »
La phrase qui avait donné une autre dimension à l’épreuveElle avait prononcé cette phrase comme un défi. Moi, j’y avais vu une occasion de remettre la situation entre les mains de Dieu et de voir le nom de Jésus glorifié.
Elle avait vu les recherches rester sans résultat. Elle connaissait la pression qui pesait sur nous. Et elle avait vu cette affaire prendre une direction que nous n’avions pas envisagée.
Aujourd’hui encore, elle témoigne elle-même de la grandeur de Dieu.
Ce que cette épreuve m’a appris
Avec les années, je garde de cette expérience une conviction : lorsque je prie, je ne veux plus confondre la réponse de Dieu avec la seule solution que mon intelligence a pu imaginer.
Nous pouvons Lui demander de faire réapparaître ce que nous avons perdu, sans même concevoir qu’une autre issue existe. Nous pouvons fixer toute notre attention sur ce qui manque, alors que nous ne voyons qu’une partie de la situation.
Le Saint-Esprit, Lui, voit ce que nous ne voyons pas.
Cette histoire m’a rappelé que Jésus demeure Seigneur aussi dans nos bureaux, dans nos carrières et au milieu de nos dossiers les plus difficiles. Notre vie professionnelle n’est pas un territoire à l’écart de Sa présence.
Ce jour-là, je cherchais des documents.
Dieu m’a ouvert une issue.
Et cette épreuve, que je craignais de voir devenir la fin de mon parcours dans cette banque, a laissé dans ma vie un Tracé de Gloire.
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