Voyance, divination, objets de protection : à qui confions-nous notre avenir ?
Quand la peur nous pousse à chercher ailleurs
Dieu a-t-Il toute notre confiance… ou seulement une partie ?
Nous pouvons chanter que Jésus-Christ est notre refuge et découvrir, au moment de l’épreuve, combien il nous est difficile de Lui confier ce que nous ne maîtrisons pas. Une attente qui se prolonge. Une relation qui se défait. Un avenir qui inquiète. Et cette envie de savoir enfin ce qui va arriver.
Dans ces moments, la promesse d’une réponse immédiate peut devenir séduisante : consulter pour connaître la suite, recourir à un rituel pour obtenir un résultat, garder un objet auquel on attribue le pouvoir de protéger sa famille. La peur peut nous pousser à chercher une garantie supplémentaire, tout en continuant à nous dire croyants.
Mais quelle place reste-t-il à la confiance lorsque nous voulons absolument nous assurer du résultat ?
Peut-on remettre sa vie à Jésus-Christ tout en confiant sa sécurité à une autre puissance ?
Cette question mérite d’être abordée dans nos églises, avec la clarté des Écritures et assez de douceur pour que chacun puisse examiner son cœur. Elle touche à ce que nous faisons de nos peurs, de nos héritages et de nos attentes lorsque notre foi est éprouvée.
Le premier commandement nous ramène à cette fidélité :
« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. »
— Exode 20.3, Louis Segond 1910
Ces autres dieux, quelle place leur laissons-nous ? Quelle parole décide de nos choix ? Quelle protection croyons-nous indispensable ? À qui donnons-nous le dernier mot lorsque nous avons peur ?
Le récit de Saül donne à cette question un visage biblique. Dans le premier livre de Samuel, le roi est saisi de peur devant l’armée des Philistins. Il consulte l’Éternel, mais ne reçoit aucune réponse. Il demande alors à ses serviteurs de lui trouver une femme qui évoque les morts, puis se rend auprès d’elle à En-Dor. Le récit relie ainsi sa détresse à sa recherche d’une parole par une voie interdite. — 1 Samuel 28.5-8
Cette histoire invite à examiner ce que nous faisons de notre inquiétude. Lorsque nous n’obtenons pas la réponse espérée, sommes-nous prêts à accueillir n’importe quelle voix, pourvu qu’elle nous donne une impression de certitude ?
La situation particulière de Saül ne permet pas de conclure que toute prière sans réponse serait un signe de rejet par Dieu. Elle nous avertit toutefois d’une tentation : laisser l’urgence décider à qui nous allons faire confiance.
Dans le Deutéronome, l’interdit est explicite. Au moment où Israël se prépare à entrer dans le pays, le peuple reçoit l’ordre de ne pas adopter la divination, la magie ou la consultation des morts. Le passage formule aussi un appel à l’appartenance :
« Tu seras entièrement à l’Éternel, ton Dieu. »
— Deutéronome 18.13 ; voir les versets 9 à 14
Dans cette perspective biblique, chercher une révélation auprès des morts ou confier son avenir à la divination engage notre fidélité à Dieu. Notre besoin d’être rassurés mérite d’être entendu ; il ne rend pas toutes les démarches compatibles avec la foi que nous professons.
Aujourd’hui, les enquêtes permettent de mesurer une partie de l’intérêt pour ces pratiques. En France métropolitaine, une étude Ifop pour le magazine Femme actuelle, menée en ligne du 10 au 12 novembre 2020 auprès de 1 007 adultes, selon la méthode des quotas, indiquait que 58 % adhéraient à au moins une des six croyances proposées, parmi lesquelles l’astrologie, la voyance et la sorcellerie. 26 % déclaraient avoir déjà consulté un spécialiste ou des publications en astrologie, voyance, cartomancie ou numérologie. Le questionnaire incluait donc les articles, livres et vidéos. Ces chiffres datent de 2020. — Rapport Ifop, pages 2, 5 et 10
Aux États-Unis, une enquête du Pew Research Center publiée en mai 2025, menée auprès de 9 593 adultes du 21 au 27 octobre 2024, estimait que 30 % consultaient l’astrologie, un horoscope, le tarot ou un voyant au moins une fois par an. La majorité des personnes concernées le faisaient principalement pour se divertir. Seul 1 % de l’ensemble des adultes déclaraient s’appuyer beaucoup sur ces pratiques pour leurs grandes décisions. — Pew Research Center
L’Afrique mérite aussi sa place dans cette réflexion. Une enquête du Pew Research Center, publiée le 6 mai 2025, apporte des données recueillies en 2024 dans quatre pays d’Afrique subsaharienne :
| Pays | Adultes croyant que les sorts, malédictions ou autres formes de magie peuvent influencer la vie | Adultes déclarant consulter un voyant, un horoscope ou un autre moyen de connaître l’avenir |
|---|---|---|
| Ghana | 87 % | 16 % |
| Kenya | 76 % | 23 % |
| Nigeria | 72 % | 20 % |
| Afrique du Sud | 71 % | 47 % |
Source : Pew Research Center, questionnaire et résultats, questions Q30a et Q31c, pages 28 et 43. Méthodologie des enquêtes nationales.
Croire à l’influence des sorts ne signifie pas les pratiquer. Ces résultats ne mesurent pas spécifiquement le recours aux marabouts ou aux fétiches. Ils ne représentent pas toute l’Afrique et ne fournissent aucun chiffre pour le Cameroun ou la République centrafricaine.
Ces données nous invitent à ouvrir une conversation dans nos communautés : comment accompagner une personne qui croit à ces influences et en a peur ? Comment l’aider à discerner ce qu’elle reçoit de son entourage, sans mépriser sa famille ni abandonner sa fidélité à Jésus-Christ ?
Les enquêtes française, américaine et africaine utilisent des questions et des périodes différentes : leurs pourcentages ne se comparent pas directement. Elles décrivent des croyances et des usages ; elles ne démontrent aucun pouvoir surnaturel. La réflexion biblique qui suit relève, elle, de la foi chrétienne.
Parler de ces sujets exige aussi de choisir des mots justes. Le terme « marabout » possède plusieurs sens : il peut désigner une figure religieuse musulmane vénérée ; il est également employé pour des personnes qui pratiquent la divination ou la magie. Confondre ces usages reviendrait à attribuer les mêmes pratiques à des personnes différentes. — Dictionnaire de l’Académie française, « marabout »
Ce sont ici les démarches de divination et de protection magique que nous interrogeons à la lumière de la Bible. De même, lorsque nous parlons de « fétiche », nous visons un objet auquel une personne attribue un pouvoir surnaturel et confie sa sécurité. L’origine africaine d’un objet, sa valeur familiale ou son caractère traditionnel ne suffisent pas à lui attribuer cette fonction.
Le monde invisible sous l’autorité de Jésus-Christ
La Bible reconnaît l’existence d’un monde spirituel. Mais pour comprendre ce qu’elle en dit, il faut distinguer l’idole, les êtres spirituels et le Dieu unique.
Dans 1 Corinthiens 8.4-6, Paul évoque des êtres appelés dieux ou seigneurs, puis réaffirme qu’il n’y a pour nous qu’un seul Dieu, le Père, et un seul Seigneur, Jésus-Christ. Ce passage ne présente donc pas une assemblée de divinités égales entre lesquelles le croyant pourrait choisir.
Quelques chapitres plus loin, à propos des sacrifices idolâtres, Paul parle explicitement de démons et avertit les croyants contre une communion avec eux. Il donne ainsi à son avertissement une portée spirituelle réelle : dans ce texte, l’idolâtrie engage davantage qu’un simple rapport à un objet. — 1 Corinthiens 10.19-21
Selon cette lecture biblique, des puissances spirituelles mauvaises existent, mais aucune n’est l’égale de Dieu.
Colossiens 1.16 nous éclaire sur leur place dans la création. En parlant du Christ, Paul affirme que toutes choses, visibles et invisibles, ont été créées en Lui ; il mentionne notamment les trônes, les dominations et les autorités. Il conclut :
« Tout a été créé par lui et pour lui. »
— Colossiens 1.16, Louis Segond 1910
Nous pouvons donc affirmer, dans cette perspective chrétienne, que le monde spirituel appartient au monde créé : Dieu seul est le Créateur, et aucune puissance n’existe indépendamment de Lui. Ce verset ne dit cependant pas que chaque divinité invoquée par les hommes existe telle qu’on la décrit. Il ne signifie pas non plus que Dieu approuve les pratiques occultes.
La distinction est essentielle pour notre article : les « autres dieux » auxquels une personne confie sa vie ne deviennent pas, pour autant, de véritables dieux comparables à l’Éternel. Les textes cités nous conduisent à reconnaître la souveraineté de Dieu sur toute la création, y compris invisible.
Et cette souveraineté doit nous ramener à la confiance. Paul écrit encore au sujet de Jésus-Christ :
« Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. »
— Colossiens 2.10
Il annonce également le triomphe du Christ sur les dominations et les autorités par la croix, en Colossiens 2.15. Le centre de notre foi demeure donc Jésus-Christ. Reconnaître l’existence du monde spirituel, selon les Écritures, ne nous oblige ni à croire toutes les promesses d’un voyant ni à attribuer chaque difficulté à une attaque occulte.
Si Christ est au-dessus de toute autorité, pourquoi chercher auprès d’une puissance créée la sécurité que nous sommes invités à Lui confier ?
Cette question nous ramène aussi aux objets que nous gardons et au rôle que nous leur donnons.
Pour examiner notre propre attitude, nous pouvons nous demander : qu’est-ce que j’attends de cet objet ? Pourquoi ai-je peur de m’en séparer ? Est-ce un souvenir auquel je tiens, ou une puissance dont je crois dépendre ?
Cette réflexion concerne aussi notre manière d’utiliser les objets religieux chrétiens.
2Le deuxième livre des Rois rapporte qu’Ézéchias fit détruire le serpent de bronze fabriqué par Moïse, parce que les Israélites brûlaient des parfums devant lui. Un objet associé à leur histoire avec Dieu était devenu l’objet d’un culte. Le verset suivant souligne qu’Ézéchias plaçait sa confiance en l’Éternel. — 2 Rois 18.4-5
Ce passage nous invite à regarder où se porte notre confiance. Une Bible, une croix ou un autre signe religieux peuvent rappeler notre foi. Leur attribuer un pouvoir automatique qui nous dispenserait d’écouter Dieu et de Lui obéir pose une tout autre question.
Notre examen commence donc aussi chez nous, dans la manière dont nous vivons notre foi.
Revenir à Dieu et Lui confier toute notre vie
Sommes-nous disposés à suivre Jésus lorsque nous ne pouvons pas maîtriser la suite ? Acceptons-nous de Lui demander la sagesse pour agir, même lorsqu’Il ne nous donne pas le calendrier de ce qui arrivera ?
Jacques invite précisément celui qui manque de sagesse à la demander à Dieu. Dans le contexte des é2preuves, cette invitation ouvre un chemin de prière et de persévérance. Elle ne promet pas de connaître à l’avance chaque événement de notre vie. — Jacques 1.2-5
Jésus, de son côté, annonce à ses disciples la présence du Saint-Esprit, qui leur enseignera et leur rappellera ses paroles. Nous pouvons chercher cette direction en revenant à son enseignement, en priant et en examinant nos choix avec discernement. — Jean 14.26
Si tu as eu recours à la voyance, à des rituels de protection ou à la consultation des morts, l’Évangile t’appelle à revenir à Dieu. La honte ne doit pas t’empêcher de Lui parler avec vérité.
À Éphèse, le livre des Actes décrit des croyants qui reconnaissent leurs anciennes pratiques. Plusieurs personnes ayant exercé les arts magiques apportent leurs livres et les brûlent publiquement. Le récit présente une rupture concrète avec leur ancienne manière de vivre. — Actes 19.18-20
Aujourd’hui, cette démarche peut commencer par des décisions simples : arrêter les consultations, renoncer aux rituels auxquels on confiait sa sécurité et parler à un responsable chrétien digne de confiance. Cet accompagnement devrait permettre de prier, de comprendre les Écritures et de retrouver sa liberté de décision, sans humiliation ni pression financière.
Nos communautés ont une responsabilité dans cet accueil. Il faut pouvoir y dire sa peur, ses hésitations et ses erreurs sans devenir un sujet de rumeur. Une personne qui cherche de l’aide a besoin d’être écoutée avec patience, et accompagnée vers Jésus-Christ.
La promesse du pardon est claire :
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. »
— 1 Jean 1.9
Revenir à Dieu ne signifie pas que toutes les difficultés disparaîtront immédiatement. Cela signifie que nous pouvons Lui confier notre vie et apprendre à marcher avec Lui, y compris au milieu des questions encore ouvertes.
Dans son enseignement sur l’esclavage du péché, Jésus affirme :
« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »
— Jean 8.36
Cette liberté nous invite à déposer devant Lui les fidélités qui divisent notre cœur. Nous pouvons Lui apporter notre désir de savoir, notre besoin de protection et notre peur de perdre ce qui nous est précieux.
Et si le pas à faire aujourd’hui était de confier à Dieu ce que tu cherches encore à garantir ailleurs ?
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